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Un calvaire est un monument composé d’une ou de trois croix (celle de Jésus et des deux larrons crucifiés avec lui). Le Golgotha ou Mont du Calvaire, nommé aussi « Lieu du Crâne », était une colline située dans l’Antiquité à l’extérieur de Jérusalem, sur laquelle les Romains attachaient les condamnés à mort sur une crux commissa, en forme de T. Il est connu pour être le lieu où Jésus a été exécuté, d’après les évangiles.

Calvaire a pour origine calvaria ou calvarium en latin qui signifie « crâne » en référence à ce lieu.

C’est à partir du IVème siècle que la croix devient le principal symbole du christianisme, juste après que la crucifixion soit interdite par l’empereur Constantin, nouvellement converti à cette religion. Le crucifiement aurait pour source la Perse ou l’Inde. C’est une mise à mort nécessitant un pieu vertical planté dans le sol appelé « stripes » et une poutre horizontale, souvent portée par le/ la condamnée jusqu’au supplice, et que l’on appelle le « patibulum ». La mort était lente et souvent par asphyxie, car la position des bras écartés empêche de respirer correctement.

Il existe différents calvaires selon leur situation géographique et donc différents rôles.

Les calvaires dits des chemins

Installés dans les croisées des chemins, ils pouvaient servaient à conjurer le mauvais sort et les effets maléfiques. Mais ils servaient aussi de repères physiques et temporaux pour les voyageurs. Ainsi, ils savaient où ils se trouvaient et surtout combien de temps ils mettraient pour se rendre du calvaire à un bourg donné. Ces monuments aidaient aussi les pèlerins lors des Tro Breizh par exemple, comme un ensemble d’étapes à suivre pour leurs pèlerinages.

Ils servaient de chaires de plein air, pour les prédicateurs et les missionnaires lors de leurs sermons. Ces oratoires sous le regard de la justice divine, créaient le lien de Foi pour les paysans loin des bourgs.

Jusqu’au début du Moyen Âge, il était d’usage d’inhumer les morts au pied des croix de chemin. Cette pratique diminuera fortement en 1128, avec l’évêque De St Brieuc, qui préconisa l’enterrement des défunts dans les enclos paroissiaux. Cependant les croyances ont la vie durent et selon la légende rapportée par Anatole Le Braz, « toutes les fois qu’un accident suivi de mort immédiate se produit sur une route, il ne faut pas manquer d’ériger une croix aux abords de ce lieu, sinon l’âme du mort ne sera apaisée que lorsqu’un accident semblable se sera produit au même endroit.» Ces croix invitaient les passants à la prière afin d’aider au salut des âmes défuntes.

Ils servaient aussi de bornes signalétiques pour indiquer un lieu important tels une fontaine, une chapelle ou un manoir. Ils furent aussi utilisés comme repères pour recréer les paroisses qui avaient été totalement dissoutes lors la Révolution française.

Les calvaires dans les bourgs

Le premier rôle de ces monuments était de sacraliser un champ de morts aux alentours des églises. En effet, les édifices religieux croulaient sous les morts en leur sein. Et pour étendre la place, des calvaires furent érigés en extérieur afin de sanctifier la terre pour les morts. C’est toujours le rôle des calvaires au sein des cimetières actuellement.

Ils servaient encore de protecteur, de lieu d’offrande (ex-voto) ou comme lieu de guérison miraculeuse, pour lutter contre de lourds fléaux telle la grande peste noire du XIVe siècle. Ses anciens calvaires ont le corps de la croix couvert « d’écots », sortes de bubons pour congédier le mauvais sort. L’usage voulait que les pestiférés se frottent le corps dessus afin d’être soignés. Ce qui ironiquement, favorisa les contaminations.

Enfin, les calvaires servaient aussi de lieu de rassemblement pour fêter les récoltes ou tout autre événement festif.

Ce qu’il faut savoir…

Une grande partie de ces monuments furent reconstruits dans la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, les autorités religieuses voulurent mettre en place le projet de la recharge sacrale, suite à la désacralisation radicale et destructrice opérée lors de la Révolution française. Il leur était important de reconstituer la puissance des pratiques religieuses et donc de s’appuyer sur les monuments saints.

Une grande partie de ces monuments furent reconstruits dans la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, les autorités religieuses voulurent mettre en place le projet de la recharge sacrale, suite à la désacralisation radicale et destructrice opérée lors de la Révolution française. Il leur était important de reconstituer la puissance des pratiques religieuses et donc de s’appuyer sur les monuments saints.

Ces monuments que nous croisons au quotidien font partie de notre patrimoine. Profondément marqués dans notre histoire, leurs rôles aussi bien fondamentaux et multiples ont été petit à petit, oubliés dans notre société moderne et informatisée. Beaucoup se perdent dans les broussailles ou tombent à terre faute d’entretien, usés par le temps. Mais il serait dommage de laisser ces monuments s’éteindre et perdre avec eux, un pan de notre culture rural. Aujourd’hui, certains habitants glomelois entretiennent ces croix de pierres. C’est pourquoi, si vous croisez lors de vos escapades, un de ces témoins de notre passé, n’hésitez pas à leur prêter attention, vous savez maintenant qu’ils n’ont rien d’anodin.

Sur la commune de Glomel, il existe 21 calvaires, tous remarquables et qui méritent que l’on aille les voir.

  • Le Calvaire de Mézouet,1804
  • Le Calvaire de la Roche Plate (Kroaz trubuil), datant du XVIIe siècle
  • Le Calvaire de Kervidam, datant du XVIIe siècle
  • Le Calvaire de Botcannou, datant du XVIIe siècle
  • Le Calvaire de Bodennou, datant du XVIIIe siècle
  • Le Calvaire de l’église de St Michel
  • Le Calvaire de St Michel Parvis
  • Le Calvaire de Kergonan, 1804
  • Le Calvaire du cimetière de St Michel, datant du XVIe siècle, refait en 1879, puis reconstruit en 2021
  • Le Calvaire de Croaz Even
  • Le Calvaire de Cluzioudon, datant du XVIe siècle
  • Le Calvaire de Restauffret, 1875
  • Le Calvaire des Sept Saints, 1812 déplacé au cimetière de Trégornan en 1961
  • Le Calvaire de Kerbellec représentant Notre Dame de Pitié (Kroaz Itron Varia Drue), datant du XVIIe siècle, refait en 1818
  • Le Calvaire près de l’église de Trégornan, datant du XVIe siècle
  • Le Calvaire de Moustrougan, Kersaisy, 1881
  • Le Calvaire de Kereven, datant du XVIIe siècle
  • Le Calvaire de Ker Saint Eloy, 1852, avec armes de la famille De Saisy et de Kerampuilh
  • Le Calvaire du cimetière de Glomel de plus de 9m de haut
  • Le Calvaire face à la Mairie, 1826
  • Le calvaire de Kerangall
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